7/8 - L'histoire secrète du pétrole -
L'histoire secrète du pétrole - Le temps des règlements de comptes
Troisième Quart ( 3 / 4)
http://video.google.fr/videoplay?docid=-8157924255436204952&q=source%3A004309600438005547921&hl=fr
|
Début : |
30 min |
Fin : |
45 min |
La colonne vertébrale du système pétrolier saoudien est Petromin, un organisme crée en décembre 1962 pour recenser, exploiter et développer toutes les ressources minières du pays.
Petromin c'est l'office administratif saoudien qui gère le pétrole, c'est le tuteur saoudien de l'ARAMCO, le bras commercial de l'ARAMCO, l'agent représentant de l'ARAMCO si on peut dire, en fait c'est par Petromin qu'est commercialisé la production actuelle de l'Arabie Saoudite.
Petromin a été une administration extrêmement puissante et autonome, mais il y a une reprise en main il y a quelques années et à l'heure actuelle, je dirais que Petromin est étroitement contrôlée.
Chargé à l'origine de vérifier les contrats pétroliers, Petromin est devenue une organisation tentaculaire, ramifiée en 20 filiales qui couvrent toutes les activités relatives au gaz ou au pétrole, de l'exploration au transport, ou à la pétrochimie.
Depuis 1972 Petromin est surtout devenue le seul et unique organisme chargé de commercialiser notre pétrole, à l'heure actuelle, personne d'autres ne peut le vendre, il y a toutefois une part de notre brut qui reste exportée par les 4 compagnies américaines qui étaient jadis les propriétaires de l'ARAMCO, nos contrats de fourniture de brut sont signés seulement pour 3 ans, nous refusons tout contrat à long terme, il ne comporte pas de clauses d'indexation mais un simple paragraphe qui stipule que le prix du pétrole est celui fixé par le gouvernement d'Arabie Saoudite.
Chaque contrat comporte 2 clauses impératives : la première exige que le lieu précis de livraison de la cargaison soit certifié par une attestation des autorités douanières du port de destination, la seconde précise que le pétrole brut saoudien ne peut être revendu tel quel sauf avec notre autorisation express, et dans le passé nous n'avons jamais accordé cette permission, notre brut ne peut être raffiné que par le pays à qui nous l'avons vendu, il ne peut changer de propriétaire tant qu'il n'est pas raffiné, ainsi Petromin reste l'une des armes stratégiques de la politique saoudienne en matière de pétrole. Nous tenons compte du fait que pour des raisons politiques certains pays sont sur une liste noire.
L'Afrique du Sud était bannie de tous les pays arabes ainsi qu'Israël, mais elle était bien obligée d'avoir du pétrole comme tout le monde, donc par l'intermédiaire des marchés parallèles, elle avait des contrats qui passaient par des pays neutres ou des pays voisins, Petromin a un contrôle du départ à l'arrivée mais Petromin après le raffinage n'a plus de contrôle, le pétrole peut être raffiné dans un pays, destiné à un autre pays et repartir dans un troisième.
Il existe au niveau mondial un circuit truqué qui ravitaille l'Afrique du Sud, le pétrole arrive dans un autre pays, où il reste stocké un certain temps, quand il en repart, le pays producteur ne sait même plus ou était ce pétrole.
Après le choc de l'embargo de 73, l'arme de pétrole s'avère un tel moyen de chantage politique que fin février 1975 à Viennes, lors d'une session de l'OPEP, un commando terroriste sous les ordres du sinistre Carlos n'hésite pas à tuer pour prendre en otage plusieurs ministres délégué arabes, les palestiniens jugent trop beau le soutien des États du golfe, ils veulent les forcer à décréter un nouveau embargo pétrolier pour ramener les occidentaux à faire pression sur les israéliens afin que ceux-ci évacuent les territoires occupés par eux depuis 67, l'opération échoue mais Carlos et sa bande tiendront un avion pour gagner l'Algérie puis la Libye où ils trouveront asile.
A partir de 1975 les réunions de l'OPEP se succèdent de 6 mois en 6 mois avec une déprimante monotonie, la plupart se solde par de nouvelles hausses de pétrole censées compenser l'inflation, en 15 mois le prix du brut a quintuplé, en septembre 75, nouvelle hausse de 10% puis 10% encore un an plus tard, malgré une baisse de la consommation qui oblige les pays de l'OPEP à réduire de 11%, puis de 20% leur production annuelle.
Inquiète l'Arabie saoudite multiplie les efforts pour freiner les exigences de ses partenaires, début 1977 elle ira jusqu'à augmenter sa production d'un million de barils par jour pour empêcher de nouvelles hausses, ce ne sont pas seulement ces hausses qui menacent toute l'économie occidentale, mais aussi les monstrueux bénéfices baptisés Pétrodollars qu'accumulent les États arabes d'OPEP et qui s'investissent massivement dans les pays industrialisés dont ils alimentent l'inflation.
Les arabes acquirent d'énormes intérêts immobiliers en France et en Angleterre. L'Iran prend une forte participation dans xxx , la firme américaine Lockheed manque peu de passer sous contrôle de koweitien mais ceux-ci raflent 14% des parts de Mercedes, 10% de Volkswagen et des participation dans nombre d'industries.
Le danger que présente les pétrodollars c'est un autre mythe, un autre mythe avec lequel nous avons dû vivre et qui a des répercussions réelles sur le monde politique la plus grande partie des revenus pétroliers se concentrent sur les pays petroliers arabes, principalement 3 pays : l'Arabie Saoudite, les Émirats Unis et le Koweït, les autres pays n'ont pas de capitaux pétroliers, ils ont des revenus mais ils les dépensent : pour nourrir leurs population et pour développer leur économies, d'autres pays par contre, qui sont des pays à plus faible population, étaient réputés comme accumulant des capitaux qu'ils plaçaient dans des banques et ces placements leurs donnaient certains pouvoir de contrôle sur tel ou tel marché international.
Le danger c'est que par la volonté politique, ils auraient pu bouleverser le système monétaire international, ils ne ont jamais utiliser ce pouvoir qui théoriquement existait, détenteurs d'importants capitaux liquides, ils ont été les premiers lésés , la manne de ces capitaux n'était pas tellement énorme, elle a été à une certaine époque de 400 milliards de dollars, à l'heure actuelle elle n'est pas supérieure à 200 milliards de dollars, à payer les énormes factures que ces pays pétroliers doivent régler, ce sont des pays qui doivent importer tout, depuis le blé jusqu'à l'ensemble des produits industriels, je parle du Koweït, de l'Arabie saoudite et des Émirats, qui en dehors du pétrole n'ont aucun système de production, plusieurs fois au cours de la dernière décennie, le compte courant de l'Arabie Saoudite était en déficit.
Vers la fin des années 70, alors que les pays de l'OPEP nagent encore en pleine euphorie, la situation commence à se dégrader sérieusement pour eux sur les marchés pétroliers mondiaux, les États qui exigent de nouvelles hausses voient chuter leurs commandes.
Dés 1977 pour pouvoir continuer à financer la modernisation outrance de l'Iran, le Shah se voit contraint de négocier des accords de troc avec les États-Unis, pétrole contre matériel militaire, sans grand succès, l'Iran qui vient d'inaugurer à xxx au golfe, un nouveau et gigantesque terminal pétrolier, doit consentir des rabais de 20 à 30 cents (¢) par baril pour écouler son fuel lourd, le Venezuela et le Koweït doivent en faire autant, bien qu'en janvier 78 pour soutenir les cours du pétrole, l'Arabie Saoudite a plafonné sa production à 8,5 millions barils par jour et contingente son light, l'inquiétude saisit l'OPEP, en mai elle crée une super commission chargée désormais de définir par avance la stratégie de l'organisation.
Nous sommes ainsi arrivé en 1978 au sein du comité de stratégie à long terme de l'OPEP dont je faisais partie, à un consensus sur la façon dont les prix du pétrole devaient être modifiés à l'avenir, ils devait augmenter très graduellement pendant un certain nombre d'années en fonction des coûts des énergies de remplacement, hélas, nous partions battus d'avance.
De fait, la demande mondiale du pétrole dans les pays industrialisés est en train de chuter spectaculairement sous l'effet conjugué de diverses causes, l'industrie mondiale est en pleine récession, l'inflation galope, le chômage s'étend, les économies d'énergie imposées par les gouvernements commencent à produire leurs effets, mais aussi le développement de nouvelles énergies de substitution comme le solaire, le nucléaire ou la géothermie.
Enfin surtout depuis 10 ans, les compagnies ont découvert et mis en exploitation de nouveaux gisements de pétrole et de gaz particulièrement riches dans nombre de pays qui échappe à tout contrôle de l'OPEP.
Ainsi dés 1967 le Mexique s'est lancé dans un gigantesque programme d'exploration méthodique de tout le territoire national, les résultats de cette prospection dépassent les espoirs les plus fous, dans la décennie de 70 on ne découvrira dans le monde entier que 3 nouveaux gisements hyper-géants c'est-à-dire donnant plus de 5 milliards de barils récupérables, tous les 3 sont au Mexique.
Début 81 les réserves mexicaines d'hydrocarbures prouvées et exploitables, sont évaluées à presque 68 milliards de barils et si l'on y ajoute les réserves probables de gaz et de pétrole, le total atteint le chiffre fabuleux de 250 milliards de barils.
Le Mexique a réussi à jouer un jeu très personnel sur les marchés pétroliers internationaux, il a vendu son pétrole le plus cher possible mais en évitant toujours de se lier à tous les consortiums qu'il s'agit du cartel des 7 sœurs ou de l'OPEP.
Pourquoi se serait-il fait membre de l'OPEP alors qu'il profitait de toute hausse sans avoir la moindre obligation de se plier à nos décisions communes ? Il bénéficiait de tous les avantages sans avoir à en payer le prix.
En 1977 se sont encore les années fastes, la Pemex a entamé une ambitieuse politique de développement accéléré de ses moyens de production, en 7 ans, celle-ci passe de 500 000 à 2,5 millions de barils par jour, du 10eme rang, le Mexique bandit au 4eme rang des producteurs mondiaux, en 4 ans la Pemex triple la capacité de ses raffineries, bâtit 37 gigantesques complexes de pétrochimie, porte de 5600 à 17 500 km son réseau d'oléoducs.
C'est aussi à l'aube des années 70 que les premiers gisements de gaz et de pétrole découverts en mer du nord, au large de la Norvège et de l'écosse entrent en exploitation intensive.
La chambre des communes a violement critiqué le gouvernement britannique pour n'avoir pas maintenu un contrôle plus rigoureux sur les gisements de la mer du nord, tant il était anxieux de les voir produire vite, on lui a reproché d'avoir consenti des avantages fiscaux exagérés aux multinationales pétrolières, tant si bien qu'une grande partie du pétrole de la mer du nord est tombé entre les griffes des 7 sœurs grâce à des contrats particulièrement avantageux et un régime fiscal préférentiel, ce n'est que récemment que leurs impôts ont été relevés et que le pays en tire enfin un bénéfice.
Le pétrole de mer de nord converge vers le Shetland où était bâti le plus grand terminal pétrolier européen.
BP est le constructeur et maintenant l'operateur du terminal qui a été construit ici aux îles Shetland par les 30 sociétés anglaises, américaines, françaises, étrangères qui sont dans les gisements de mer de nord, en ce moments nous avons un peu pres 40 navires par mois qui viennent prendre le brut qui arrive par 2 pipelines sous-marins des gisements de la mer du nord.
Environ un million de baril par jour passe par le terminal, la moitié de la production de toute la mer du nord, du secteur anglais est environ les 2/ 3 de la consommation de la Grande Bretagne, il y a 18 gisements qui sont en production dans le section anglaise, et sur ces gisements il y a environ 30 plateformes.
Xxx Se trouve à environ 190 km de xxx, la production c'est environ 2 millions de barils par jour, ca veut dire 100 millions de tonnes par an.
3eme eldorado pétrolifère récemment rentré en exploitation, l'ALASKA, c'est en 1968 qu'Exxon et BP découvrent sur la cote arctique le plus grand gisement d'Amérique du nord.
La plupart des sociétés pétrolières ne souhaitent pas voir se développer trop rapidement ces nouveaux champs de pétrole, leur exploitation risquait de provoquer une dangereuse surproduction, il y a eu même des pressions exercées sur Exxon afin qu'elle diffère son projet de construire un pipeline pour amener le pétrole de l'ALASKA jusqu'à la cote ouest de États-Unis, c'est seulement plus tard que ces compagnies ont réalisé que le pétrole de l'ALASKA pouvait les aider à briser le monopole de l'OPEP sur le marché pétrolier.
Les compagnies se livrent alors à une vraie foire d'empoigne pour l'obtention de concessions, malgré des températures de 70 degrés sous le zéro, 8 sociétés vont en 9 ans mettre en exploitation ce fabuleux pactole (une source de richesse inépuisable) dont Exxon et BP se partagent plus de 50%.
Les réserves sont estimés à 9,5 milliards barils de pétrole et 60 milliards mètre cube de gaz.