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6/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des magouilles 3/4

6/8 - L'histoire secrète du pétrole -

L'histoire secrète du pétrole - Le temps des magouilles


Troisième Quart ( 3 / 4)

 

http://video.google.fr/videoplay?docid=-49008983439205340&q=source%3A004309600438005547921&hl=fr

 

Début :

30 min

Fin :

45 min

 

 

 

Tariki fut expulsé du pays par Fayçal qui était son ennemi juré, Fayçal possédait des enregistrements de conseil de cabinet, où Tariki l’accusait d’avoir autorisé son beau-frère à recevoir des pots de vin des japonais, Fayçal considérait Tariki comme déloyal envers son gouvernement.

 

Fayçal nomme aussitôt un nouveau ministre de pétrole, le Sheikh Zaki Yamani.

 

Yamani était un juriste islamique réputé, il s’avérait beaucoup plus dangereux pour les compagnies pétrolières que Tariki, résolu, concret,  il allait au cœur des problèmes, mais il était plus facile de négocier avec lui, avec Yamani on peut discuter, avec Tariki c’était impossible, ça tournait toujours mal.

 

Il voulait que nous prenions le contrôle réel de nos ressources par la manière forte en expulsant les compagnies, personnellement j’estime que nous avons besoin d’elles, mais il nous fallait nous structurer et ça ne se fait pas dans un jour, ça prend du temps.

 

Yamani a obtenu en douceur tout ce que Tariki exigeait, mais sans encourir le sentiment que Tariki provoquait.

 

Le premier succès décisif de Yamani va être d’amener par ruse l’ARAMCO de négocier avec l’OPEP.

 

Nous avons décidé que l’Arabie Saoudite négocierais en fait pour l’ensemble de l’OPEP, j’ai constitué la délégation chargée des pourparlers, et j’y ai fait entrer secrètement des ressortissants des autres pays arabes qui ont siégé parmi la délégation saoudienne.

 

Nous ne pouvions récuser personne dans leurs délégation, ils représentaient une puissance souveraine et dés lors que nous signions un accord avec tel pays, il était difficile ne pas signer le même avec les autres.

 

Voila comment nous avons forcé les compagnies à traiter avec l’OPEP, mais elles ne l’ont pas reconnu pour autant.

 

Je ne crois pas que les multinationales pétrolières aient eu intérêt à briser le pouvoir naissant de l’OPEP, elles ont estimé préférable de rester en bonnes termes avec l’organisation, elles tenaient par-dessus tout de préserver leurs sources de pétrole brut, par contre certains gouvernements, dont le gouvernement américain, se sont efforcés dés le début à faire éclater l’OPEP.

 

La tentative de pression la plus apparente a été le détachement de l’Iran du bloc solidaire des pays producteurs lors des discussions de 1961 et qui ont suivi.

 

Dans les débuts de l’OPEP, durant les années 60, l’Iran était dirigé par une poing de fer, il n’avait pas le même régime que les autres pays membres, et de ce fait, se trouvait souvent en discordance avec eux, c’était le pays qui disait systématiquement non chaque fois qu’une mesure était proposée contre les compagnies.

 

La position du shah au sein de l’OPEP a toujours était extrêmement difficile, d’abord il n’était pas arabe, ensuite la production pétrolière de l’Iran faisait concurrence à celle de l’Arabie Saoudite, en fait c’est le comportement sans scrupule des compagnies pétrolières qui a poussé le shah à entrer dans l’OPEP.

 

Le shah qui compte sur les revenus du pétrole pour faire de son pays des premières puissances industrielles de l’an 2000, se sert de l’OPEP comme cheval de bataille, contre les compagnies.

 

Au cinq pays fondateurs : le Venezuela, l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Iraq et le Koweït, se sont rallié : le Qatar en janvier 1961,  la Libye en avril 1962 ainsi que l’Indonésie.

 

En 1967 c’est le tour d’Abu Dhabi, en 68 des Émirats Arabes Unis, en juillet 69 l’Algérie entre dans l’OPEP, suivi du Nigeria en juillet 71, de l’Équateur en novembre 73 et enfin du Gabon en 75.

 

Une fois formé, l’OPEP se posa en contre pouvoir vis-à-vis des compagnies, mais elle du aussi compter de plus en plus avec le nationalisme arabe.

 

Nous avons tous le même intérêt commun, c’est le pétrole, et dans toute la mesure du possible, nous nous efforçons de limiter strictement à ce qui concerne cette activité, sans nous laisser guider par des considérations politiques, il n’en reste pas moins que ce contexte politique existe, et qu’il nous pose des problèmes dans la définition de notre politique pétrolière.

 

En 1965, le siège de l’OPEP est  transféré à Viennes, durant 2 ans, en application des statuts, les conférences vont se succéder de 6 mois en 6 mois, dans l’indifférence générale et sans résultats majeurs, 1967 va mettre fin à cette routine.

 

Le 05 juin, l’Égypte, La Syrie, la Jordanie attaquent Israël par surprise, ce sera une guerre éclair, 6 jours plus tard, le conflit s’appellera la guerre des 6 jours, les 3 agresseurs sont écrasés par l’armée israélienne..

 

Dans tous les pays arabes, le contre coup de cette défaite est terrible, et déchaine la fureur populaire, Nasser accuse les États-Unis, la RFA et la Grande Bretagne d’armer Israël, il ferme à nouveau le Canal de Suez, les armées des pays arabes de l’OPEP occupent les installations pétrolières, et mettent l’embargo sur le pétrole destiné aux pays complices d’Israël.

 

En Arabie Saoudite, l’ARAMCO compagnie américaine, se trouve en posture délicate, les troupes saoudiennes ont investi ses installations.

 

Il n’était évidement pas question pour nous de léser les intérêts américains, mais nous devions éviter tout ce qui peut servir de prétexte à notre expulsion d’Arabie, l’ARAMCO était une compagnie privée opérant dans un pays étranger, elle ne pouvait compter sur la force les baïonnettes, les baïonnettes elles étaient de l’autre coté, nous avons fait ce que on nous ordonnait, ça était la seule position de l’ARAMCO.

 

Elles étaient coincées entre le monde arabe et le lobby juif aux États-Unis, les compagnies américaines malheureusement, n’ont pas toujours défendu comme elles l’auraient dû, les véritables intérêts des États-Unis, elles nous ont profondément mécontenté tout en se mettant aussi à dos le lobby juif.

 

Il est très difficile de maintenir un embargo réellement efficace, les pays visés trouvent 100 façons pour le détourner, et trop de gens ont avantage à les y aider pour leur profit personnel, comme d’autres pays arabes, l’Iraq n’a pas appliqué l’embargo, elle a fait exactement l’inverse, il a augmenté sa production au maximum, et vendait tout le pétrole qu’il pouvait.

 

Du fait de sa situation géographique, le Venezuela a forcement bénéficié, qu’il l’a voulu ou non, des événements et de la pénurie qui se produisait en Moyen Orient.

 

Bien que musulman, l’Iran ne respectera pas l’embargo, mais va au contraire augmenter ses livraisons aux pays touchés.

 

Les relations entre le Shah d’Iran et Nasser étaient très mauvaises, l’Iran n’est pas pays arabe, le Shah d’Iran à cette époque ne poursuivait pas une politique pro arabe en 67, et n’avait aucune raison de cette solidarité.

 

Tout en défendant les intérêts des palestiniens, il ne veut pas se mêler de ce conflit entre les arabes et les iraniens.

 

L’Iran n’était pas notre ennemi, mais il soutenait nos pires ennemis et coopérait avec eux.

 

Tout au long des années, le shah d’Iran président destiné de ce grand pays, ……..nous n’avons plus de raison de ne pas faire savoir que depuis de très nombreuses années une partie de l’approvisionnement en pétrole d’Israël venait de l’Iran.

 

Toute réduction de production des pays arabes, était compensée par l’augmentation de la production ailleurs, l’embargo n’avait aucun effet.

 

C’est cet échec total que sont forcés d’enregistrer les chefs des pays musulmans producteurs de pétrole réunis à Khartoum le 29 aout 1967, l’embargo se solde par un désastre économique, à elle seule l’Arabie saoudite a perdu 30 millions $ en manque à gagner, le Koweït un million par jour, les caisses sont vides, l’embargo est levé le 13 octobre, il a duré 5 mois, les pays arabes créent leur propre organisation au sein de l’OPEP : l’OPAEP Organisation des Pays Arabes Exportateurs de Pétrole.

 

L’OPAEP, historiquement parlant, a été crée par 3 pays producteurs arabes très conservateurs : la Libye, l’Arabie saoudite et le Koweït, leur initiative constituait surtout une réaction contre les pressions politiques qu’ils avaient à subir de la part des autres pays arabes et les incitait à utiliser le pétrole comme arme politique.

 

L’OPAEP de par ses statuts, est liée par les décisions prises par l’OPEP, toute résolution de l’OPEP quelle qu’elle soit, doit être appliquée par tous les membres de l’OPAEP, qu’ils soient ou non eux même membres de l’OPEP, l’OPEP a été une force positive mais presque totalement inefficace jusqu’au début des années 70.

 

Elle a pu enrayer la diminution des revenus pétroliers de ses États membres, mais elle n’a pas réussi  à les accroitre valablement, jusqu’au début de 1970.

 

Les événements qui surviennent en Libye cette année là vont mettre l’OPEP en position de jouer un rôle déterminant sur le marché pétrolier mondial.

 

Le 1er septembre 1970 alors que Idriss 1er  a quitté Tripoli pour un séjour en Turquie, la révolution éclate en Libye, force le vieux roi à se refugier à Athènes, un groupe de jeunes officiers libyens intégristes, écœurés de la corruption du régime, a soulevé l’armée, à leur tête un musulman fanatique : le major Mouammar Kadhafi.

 

Les révoltés accusent Idriss d’avoir bradé le pétrole libyen aux étrangers et proclament la république.

 

Porté au pouvoir, Kadhafi commence par expulser les américains de Wheelus leur plus grande base aérienne en Afrique du nord, mais il rassure les compagnies pétrolières installées en Libye, jure solennellement qu’il ne touchera pas à leurs concessions, fausse promesse déjà, il va s’empresser d’oublier.

 

Le président Kadhafi était résolu à briser le monopole des 7 sœurs, il voulait abaisser le coût de production du pétrole libyen pour  rendre compétitif avec celui des autres pays producteurs sur le marché européen.

 

L’un de ses premiers objectifs est la British Petroleum, symbole de la domination anglaise sur la Libye.

 

Pour empêcher les anglais de le boycotter et de faire appel contre lui une fois de plus à la solidarité des autres multinationales pétrolières en Amérique et ailleurs, Kadhafi opéra d’une façon très astucieuse : il convoqua Bunker Hunt, un pétrolier texan qui possédait une vaste concession en Libye et le prévint : si vous voulez conservez votre affaire ici, et continuer à extraire du pétrole, persuadez les autres pétroliers américains de ne pas nous boycotter, ainsi en garantissant un certain xxx concession il préparait l’éjection des anglais.

 

Pour contraindre les sociétés implantées en Libye à accepter ses conditions,  Kadhafi les attaquent en ordre dispersé, il convoque l’américain Hammer dont l’Occidental Petroleum a pompé cette année là 240 millions de barils en Libye, Kadhafi exige 40 ¢ ( cents) de plus par baril, Hammer cède, Exxon lui a refusé son appui pour tenir tête aux libyens, satisfait, Kadhafi accorde de nouvelles concessions à Hammer en compensation.

 

En donnant à de petites compagnies pétrolières indépendantes et  particulièrement à l’Occidental d’Armand Hammer, les moyens de tenir tête en Libye aux multinationales, Kadhafi a réellement commencé à démanteler le cartel, en recevant de nouvelles concessions en Libye pour prix de sa docilité, Hammer met en position fâcheuse les 7 sœurs qui ne pouvaient le neutraliser parce que Kadhafi le protégeait, et celui-ci se servait de Hammer pour miner à la fois, la puissance des pays arabes et celles des grandes compagnies pétrolières.

 

L’action du libyen nous n’a pas rendu plus forts, mais elle a mené les compagnies pétrolières à se dire : nous ne pouvons pas nous battre contre tout le monde, essayons de trouver ailleurs un terrain d’entente.

 

Les multinationales du pétrole y sont d’autant plus enclines que le sort s’acharne contre elles.

 

Le 03 mai 1970, un accident détruit la Tapline qui achemine le pétrole saoudien jusqu’à la méditerranée, or le Canal de Suez est toujours fermé, et il y a pénurie de pétroliers géants pour ramener le brut Arabo-iranien jusqu’aux raffineries occidentales en contournant toute l’Afrique, la Libye et l’Algérie qui ont un accès direct à la méditerranée, en profitent pour hausser le prix de leurs bruts, mais les autres pays producteurs s’alignent tout aussitôt.

 

Encouragé par la victoire de Kadhafi sur les grandes compagnies et par les signes avant coureurs d’une pénurie de pétrole, l’OPEP se sent le vent en poulpe, à Caracas, fin 70, elle impose à ses membres de taxer désormais les compagnies à 55% minimum, interdit tout rabais et préconise une hausse générale.

 

Les pays de l’OPEP avaient commencé à revendiquer une participation dans le capital des compagnies qui opéraient sur leurs territoires.

 

La participation était l’un des objectifs depuis mon arrivée au ministère de pétrole, nous avions tout programmé bien avant que la guerre nous ne donne l’occasion d’agir.

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